1807

Un bal campagnard ouvre ses portes
Une salle de bal accueille le public au pied de la Butte, dans un vaste jardin bordé de fontaines. L’Elysée Montmartre est un jardin des délices. Comme le rappelle son nom « Elysée » emprunté au latin Elysium (« là où séjournent les héros après leur mort »), qui désigne un lieu agréable, où il fait bon séjourner.

 

1815

Contredanse et quadrille
On vient au bal pour draguer et s’amuser, mais aussi pour danser ! Les danses sont principalement collectives, issues de la contredanse. Puis on la simplifie, en couples disposés en carré et selon les figures, à deux, quatre ou huit : le quadrille est né ! Cette danse venue de « la haute » est très vite adaptée à l’Elysée Montmartre. Certains la réalisent de manière irrévérencieuse, se moquant des pas savant des aristocrates.

 

1840

Les bals d’hiver et la polka

Arrivée des pays de l’Est, la polka s’installe à Paris et à l’Elysée Montmartre : danse en couple très simple, joyeuse, enlevée et facile à danser.
Les bals d’hiver supplantent les bals d’été. Le bal de l’Elysée Montmartre, grâce à l’afflux démographique, est devenu l’un des plus importants de la capitale ! Pour rivaliser avec les plus grands bals de Paris intramuros, les propriétaires prévoient la construction d’une salle de bal couverte.

 

1858

Travaux d’aménagement pour un espace couvert

Une partie du jardin est sacrifiée pour édifier une immense salle de 1000 m2, sans aucune colonne, avec deux étages de galeries et promenoirs. L’orchestre prend place sur un rocher artificiel agrémenté de cascades et de plantations rendant l’ensemble très féérique. Une fête est organisée pour la réouverture, le 28 février 1858 ! On y pénètre, du boulevard Rochechouart, par un escalier monumental, sous une vaste marquise de verre.

 

1852

Le grand retour du quadrille et du cancan.

Après la révolution de 1848, un certain puritanisme signe le retour de la contredanse et la résurrection du quadrille. Mais très vite, sous le Second Empire, le chahut-cancan reprend le dessus. Les bals retrouvent leur gaieté et l’Elysée Montmartre n’est pas en reste : en 1859 on y danse « la tulipe orageuse », une figure du quadrille dans laquelle la danseuse relève ses jupes à hauteur de la tête en tournant sur elle-même.

 

1864

Les acrobaties de Rigolboche 
Rigolboche est une danseuse française qui fait la gloire du cancan. En inventant de nouveaux pas, elle est la première à lancer ses jambes vers le ciel en retroussant ses jupes. Le chahut se féminise pour devenir le cancan avec ses sauts, grands écarts, cabrioles et déhanchements. Face à ces déferlements acrobatiques, le directeur du bal oblige les danseuses de cancans à porter des dessous…

« Le cancan est l’art de soulever sa jupe, le chahut l’art de lever la jambe » 

 

1870

La guerre et la commune : le bal converti en hopital, atelier et club rouge
Avec la guerre qui éclate contre la Prusse, la vie nocturne parisienne se poursuit mais chaque soir les danses sont interrompues par des chants patriotiques. On déchante vite avec la défaite française et l’Elysée Montmartre devient alors un hôpital de guerre.
Avec la guerre qui éclate contre la Prusse, la vie nocturne parisienne se poursuit mais chaque soir les danses sont interrompues par des chants patriotiques. On déchante vite avec la défaite française et l’Elysée Montmartre devient alors un hôpital de guerre.
Félix Tournachon, dit Nadar, passionné d’aéronautique, réquisitionne l’Elysée Montmartre pour fabriquer des ballons-poste destinés à maintenir la communication avec l’extérieur de Paris.

Les clubs rouges, où fermentent les idées de la Commune, sont nombreux. Dans celui de l’Elysée Montmartre siège notamment Jean-Baptiste Clément, l’auteur du « Temps des cerises ».

La séance tenue le 14 décembre 1870 est menée par la célèbre Louise Michel, institutrice très impliquée dans le militantisme politique et la Commune de Paris.

 

1871

Du bal des souteneurs à celui des cancaneurs !
Une fois la paix revenue, l’Elysée Montmartre rouvre ses portes le 1er juillet 1871. On ne danse pas encore, ce serait indécent. Le beau monde est parti, les bals du boulevard sont devenus canailles. Même si l’Elysée Montmartre tient un peu mieux son rang que ses voisins, on y croise nombre de filles et de souteneurs.

 

1879

100ème représentation de l’Assommoir 

Emile Zola vêtu de son complet noir, vient repérer le lieu de perdition où son héroïne Nana fera, dans L’Assommoir, tourner la tête des messieurs par sa manière de montrer son « linge ». 

Par chance, l’établissement ne devient pas un bastringue de basse catégorie. Deux ans après sa parution, le roman d’Emile Zola est adapté au théâtre. A l’occasion de la 100ème représentation, Emile Zola donne une grande fête à l’Elysée Montmartre.

1880

Le retour de Louise Michel
Après son retour d’exil au bagne de Nouvelle Calédonie, Louise Michel fait une conférence dans un Elysée Montmartre archicomble. Les participants brandissent des drapeaux rouges et noirs par dizaines.

 

1882

La Goulue et Toulouse-Lautrec
Sur le parquet de l’Elysée Montmartre, une danseuse délicieusement sensuelle vient de réinventer le cancan. Elle s’appelle Louise Weber et elle a seize ans. On la surnomme la Goulue, car elle a pour habitude de finir goulûment les consommations des clients. Accompagnée de Grille d’Égout, de Valentin le Désossé, elle improvise un quadrille coquin dont les figures sont composées de cancans échevelés. 

La Butte Montmartre étant un haut lieu de la peinture, l’Elysée Montmartre attire naturellement de grands artistes tels que Toulouse-Lautrec qui va croquer ici ses premiers tableaux de danseuses.

 

1894

Café-concert

Le café-concert s’implante définitivement à l’Elysée Montmartre. A cet effet, on réduit le jardin, pour construire un nouvel espace : le Trianon-Concert. Pour le même prix, le spectateur passe tour à tour du nouveau concert à l’ancienne salle de bal.

 

1899-1900

Structure Eiffel et premier incendie

En 1899, l’architecte Edouard Niemans, élève de Charles Garnier, réutilise la structure du Pavillon de France de l’Exposition Universelle de 1889, dont l’architecte n’est autre que Gustave Eiffel pour remanier le Jardin.

Malheureusement, dans la nuit du 17 au 18 février 1900, un incendie se déclare dans la salle de spectacle, qui s’effondre dans un fracas énorme et le feu gagne le jardin d’hiver, puis la salle.

 

1902

Le Trianon & L’Élysée Montmartre, puis l’entre deux guerres 
Notre vieux bal n’a pas dit son dernier mot ! Deux salles distinctes sont reconstruites et aménagées : l’une pour les concerts, le Trianon, l’autre pour les bals et le patinage, l’Elysée Montmartre. Cette dernière renoue rapidement avec les bals populaires à l’entre-deux guerre. On y danse tous les jours et le public est celui du quartier.

 

1936

Trianon : du music-hall au cinéma
Le Trianon se consacre donc au music-hall, avec des artistes très populaires tels qu’Yvette Guilbert, Marie Dubas, Fréhel ou Pierre Dac.
Un peu avant la seconde guerre mondiale, le cinéma récupère cette magnifique et immense salle de 1000 places. Jacques Brel, installé dans l’une des loges, écrit plusieurs de ses textes à succès.

1949

Les sports de combat
Ce sont des combats qui vont faire la renommée de l’Elysée Montmartre à partir de 1949 et jusqu’aux années 70 : combats de boxe et de catch, retransmis à la télévision et commentés par Roger Couderc. Une foule en liesse applaudit de mémorables rencontres opposant des figures internationalement célèbres. On peut y voir l’Ange Blanc, le Bourreau de Béthune, Ben Chémoul ou encore Chéri Bibi combattre. Conséquence de cette nouvelle spécialisation, la scène restera au centre de la salle jusque dans les années 80.

Autour de ce ring désormais célèbre, les artistes s’expriment. En 1968, Jean-Louis Barrault monte le spectacle Rabelais de Polnareff, puis Coluche jour le Temps des Cerises au violon… muni de gants de boxe !

 

1985

Déclin du cinéma, retour au théâtre et à la musique
Le cinéma traverse une crise très importante. Les salles dites « populaires » ferment les unes après les autres. Le Trianon, qui propose des films d’aventure et de karaté, doit à son tour fermer ses portes en 1992. Le Trianon se tourne alors vers une programmation plus variée, se rapprochant alors de sa vocation initiale : pièce de théâtre, concerts du classique à la variété, mais aussi opéras, opérettes et comédies musicales.

 

1988

Monuments historiques et salle de cinéma
En 1988, l’Elysée Montmartre est classé Monument Historique pour sa structure Eiffel et son haut relief du Bal Mabille. Les concerts commencent à se multiplier sur les planches de l’Elysée Montmartre.

Les années 90 et 2000 en font une salle de concert incontournable, faisant honneur aux stars de la musique française et internationale : David Bowie, Daft Punk, Les Béruriers Noirs, Alain Souchon, Jacques Higelin, -M-, Cindy Lauper, Alain Bashung…

Quant au Trianon, qui a exploré tous les arts du spectacle et réuni sur ses affiches des vedettes aussi différentes que talentueuses, il est repris en 2010. Il est complètement restauré dans un souci de préservation du patrimoine et de sa patine. Il s’ouvre de nouveau au public le 22 novembre 2010 avec une belle série de concerts d’artistes internationaux tels que M.I.A., Rihanna, Goldfrapp, Deftones, Tricky, Queens of the Stone Age, Gonzales, Nick Cave, Ayo, Stromae ou encore M Mathieu Chedid.

 

2011

L’incendie du 22 mars 2011
L’incendie survenu dans la nuit n’a pas fait de victimes, mais des dégâts matériels importants : la structure métallique Eiffel est déformée, le toit détruit, la scène et le bar en ruine, mais, au sommet de la façade, le bas-relief à la danseuse est intact. La mythique salle de l’Elysée Montmartre vient de disparaître, et avec elle plus de deux siècles de bals, de fêtes, de concerts inoubliables… Il reste inoccupé durant 3 ans, puis à l’automne 2014, les propriétaires du Trianon voisin annoncent le rachat de l’Elysée Montmartre.

 

2016

Le Nouvel Élysée Montmartre 
Pour reconstruire le lieu et l’améliorer dans le respect de son histoire, l’équipe de rénovation s’est penchée sur son passé. La rénovation s’inspire de l’architecture initiale du XIXème siècle qui a pu être préservée. L’intérieur, comme la façade, sont restaurés en collaboration avec les Bâtiments de France. Cette restauration est également l’occasion de moderniser les installations scéniques, la technique générale du lieu, la sécurité et son accessibilité, pour répondre aux exigences contemporaines.

Après 5 ans de fermeture dont 2 ans de travaux, la salle a rouvert ses portes le 15 septembre 2016, lors d’un concert de -M-.

 

2017

Trianon : 7 ans ! 
De son côté, le Trianon fête les 7 ans de sa réouverture et s’offre une remise en beauté du Jardin d’hiver.

 

2018

Place aux événements !

Aujourd’hui les deux salles communiquent et s’associent pour s’ouvrir à la création d’événements de grande ampleur.